Comment gérer les patients difficiles ?

L’actualité récente a été marquée par diverses agressions subies par les infirmières libérales, de la part de leur patient. Confrontées à des personnes désespérées, malades, le comportement à adopter n’est pas toujours évident. Fort heureusement tous les patients ne sont pas violents, mais certains sont jugés « difficiles » tant au niveau de leurs comportements, que dans leurs demandes saugrenues. On fait le point avec vous sur la gestion des patients difficiles.

 

Des agressions de plus en plus fréquentes

« Patient difficile » n’est pas forcément synonyme de patient dangereux, mais malheureusement, les violences subies par les IDEL sont croissantes au cours des derniers mois. Après le décès en juillet 2014 d’une IDEL à Strasbourg dans le cadre de son exercice, l’agression de Jeanine, IDEL dans l’Hérault, le témoignage de Marie-Françoise, IDEL en Bretagne, agressée par un de ses patients montre qu’il faut faire preuve de la plus grande vigilance vis-à-vis de certaines personnes.

Tous ces événements tragiques agitent le débat autour des conditions d’exercice des IDEL, et il est nécessaire d’en parler pour faire évoluer les choses !

Qu’est-ce qu’un patient difficile ?

On appelle patient difficile, ces patients qui exagèrent : demandes abusives, maladies imaginaires, dépendance, insultes. Ils dépassent les bornes ! Violents ou agressifs ils ne respectent plus la distance patient-soignant qu’il est d’usage de conserver, se permettant certaines réflexions ou certaines demandes.

La conséquence ? Le soignant peut être exaspéré par le patient, et finit par lui-même ne plus faire d’effort, voir à être désagréable avec lui. Cela créé un cercle vicieux qui détériore petit à petit la relation entre les deux personnes et l’issue est bien souvent l’arrêt de la prise en charge de la personne en question.

La situation est généralement très mal vécue par l'IDEL qui peut être agacé(e), fatigué(e) d’avoir à gérer ce genre de personne. Il/elle n’a plus envie d’aider le patient, redoute les rendez-vous et les vit comme un calvaire.

Le comportement à adopter

Comme évoqué dans un autre de nos articles « Où s’arrête le rôle de l’IDEL ? » , il y a des limites à ce que vous pouvez accepter. Dès que le patient franchi ces limites, vous devez réagir à ses propos et ne pas hésiter à le « recadrer ». Vous êtes seulement tenue d’effectuer des actes médicaux et les patients vous doivent le respect. Il est cependant plus difficile d’exprimer son mécontentement lorsque le patient est simplement un peu trop « présent » ou essaye d’exercer une certaine pression psychologique (nombreux appels, nombreuses exigences, comportement à la limite de la tyrannie). Beaucoup pensent qu’ils sont vos uniques patients !

Vous avez la possibilité d’interrompre les soins, si vous avez une raison valable (voir notre article « Une infirmière libérale peut-elle interrompre la prise en charge d'un patient ? »). Une relation qui s’envenime ou encore la perte de confiance dans le soignant sont des motifs valables pour l’arrêt des soins. Dans ce cas, vous devez fournir au patient une liste des infirmières dans la région et transmettre son dossier à la personne qui prendra le relais. Il est parfois préférable d’arrêter les soins plutôt que de continuer à subir la relation.

Dans tous les cas, parlez-en autour de vous, à vos proches, à vos collègues. Recevoir un avis extérieur ne peut être que bénéfique pour prendre un peu de recul par rapport aux événements.

Rassurez –vous, être IDEL est un très beau métier, et ces patients difficiles sont compensés par les magnifiques rencontres que votre métier vous donne l’opportunité de faire ! Pour vous bâtir votre propre opinion si vous envisagez de vous installer, n’hésitez pas à consulter notre article qui traite des avantages et des inconvénients du métier d’IDEL.

Pour les IDEL déjà installé(e), avez-vous déjà rencontré ce type de patient ? Quels conseils donneriez-vous aux futur(e)s installé(e)s ?

 

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